Aux sources du Parkour et de l’Art du Déplacement à Evry Move

Souvenir de cet été : en Juillet, une partie du staff PK Stras (Rey, Sisalio et Sacha) a participé à Evry Move 4. Evry Move, c’est une semaine de training avec l’équipe des Yamakasis dans la banlieu d’Evry, sur les spots mythiques qui ont vu naître la pratique il y a 20 ans. C’est musclé, c’est challengeant et ça ne laisse personne indifférent.
Reportage BFM sur Evry Move 4 (avec Laurent)
Ils y étaient, ils témoignent :
Sisalio : des étoiles pleins les yeux
C’était ma première participation au stage international organisé par l’ADD academy d’Evry. Elle réunissait les 4 fondateurs, Williams Belle, Chau Belle, Laurent Piemontesi, Yann Hnautra et des pratiquants venus des 4 coins du monde pour 6 jours de stage. Évry est une des villes phares de la discipline où tout a commencé, avec ses lieux mythiques comme la Dame du lac ou le saut du Manpower.
Ces 6 jours furent très intenses physiquement et enrichissants, avec les différents entraînements des fondateurs et leurs conseils ainsi que ceux de l’équipe organisatrice d’Évry. On a bien ressenti les différents styles d’entrainement de chacun. Les voir suivre les sessions comme tout le monde donnait encore plus d’immersion dans ce qu’ils ont pu vivre à l’époque et aussi l’envie de se surpasser. La semaine était aussi animée par des conférences, des jeux, des workshops et des visites des lieux où ils ont pratiqué.
J’étais très content de ce stage pour plusieurs raisons. La première était de pouvoir s’entraîner avec les fondateurs à Evry dans ces lieux mythiques. J’ai grandi près d’Evry et n’ayant jamais pu aller les voir pour apprendre avec eux, j’étais un peu déçu à l’époque. Mais c’est chose faite maintenant.
La deuxième est d’avoir beaucoup appris au contact de tous. Je suis reparti avec beaucoup d’étoiles dans les yeux, d’idées, d’envie, de souvenirs … et de courbatures. Je ne regarderai plus Évry comme une ville remplie de béton mais comme un ville de traceurs. Ça donne envie de recommencer l’année prochaine.
Rey : Des paramilitaires qui se font des bisous
C’est, je crois, le « meme » que j’ai entendu toute cette semaine à Evry. Et il n’y a pas, à mon sens, de meilleure phrase pour décrire les Yamaks. Quand je parle des Yamaks, je parle vraiment des fondateurs : Yann Hnautra, Chau Belle, Laurent Piemontesi, et Williams Belle, qui nous firent tous la joie d’être présents. Maintenant, je peux le dire : « j’ai tracé avec les Yamaks ». Et ça se mérite.
Le vieil Alzhzeimer que je suis (j’avais oublié mes semelles ortho, nan mais franchement … ) l’a d’ailleurs payé cher : dos bloqué les deux derniers jours. Bah oui, parce que c’est Physique : des warm ups de 2 h, puis des sessions techniques, puis des sessions libres sur les spots mythiques ! J’ai vu le fameux « manpower » (qui n’est plus le manpower). J’ai fais des sessions nocturnes, et puis des sessions « hip hop » (physiques) pour décompresser, oh, et puis tiens, demain, c’est canicule, vas-y on s’entraîne au frais à 6 h du mat’…mais bien sûr !
Si je devais résumer le stage en un seul mot, je dirais : « Bienveillance ». L’accueil et la semaine se sont déroulés dans une chaleur rare (au propre comme au figuré). Les gars d’Evry forment une équipe formidable, des vraies pointures : déjà en terme physique (des golgoths, les gars) mais aussi en terme d’animation : ils ont su instaurer un climat de convivialité entre les personnes, ils ont préparé des jeux d’animateur de colo (p.ex. un « killer » qui a duré une semaine) et pleins de choses qui facilitent la connaissance de l’autre (plus de 80 participants du monde entier et certains ne comprenaient pas un mot d’anglais…).
Et pour Moi ? Un big bang dans mon cerveau ! D’une, ça nettoie bien la tête… Quand tu sues au point d’avoir l’impression de pleuvoir des cordes, oh bah… ça nettoie ! De deux, j’engrange foule de nouveau petits exos et jeux pour ma prochaine saison d’encadrant. De trois, je me rend compte que je suis dans le vrai, dans ce que j’essaie de transmettre, ainsi que la manière que j’utilise.
Je repars de là en me disant « j’étais yamak et je ne le savais pas… ». Toute l’année, j’avais douté, quand à ma vision de la discipline (appelle-la comme tu veux, Parkour, Art Du Déplacement, Freerun) et à ma façon de l’enseigner (très martiale) et quant à la philosophie « originelle » (d’où venons nous, hein ?). Je n’étais plus très sur d’être dans le vrai… Mais là… je sais pas, j’ai fréquenté les premiers Yamaks ! J’ai fait de la guitare et chanté avec « Zic mu ». J’ai mangé des glaces et des pastèques avec Williams, posé à la fraiche sur les pelouses d’Evry. J’ai suivi leur méthode de paramilitaires avec bisous et j’en ai bavé physiquement (à côté d’eux, ici, je suis un enfant de cœur). J’ai vu Chau Belle, ce monstre tout en épaules et biceps, étranglé par l’émotion, devant cette joyeuse restitution de ce qu’ils ont donné au monde … c’est ça qu’il voulait nous dire ce soir-là à la fin du stage : « merci de nous avoir compris ».
J’ai laissé beaucoup de choses, là bas, des choses qui me retenaient. Et là, je reviens. Je suis un Yamak. Je transmets les valeurs Yamaks. Je suis dans le vrai. Cette nouvelle saison va juste me servir à me préparer pour tenir toute la semaine, l’été prochain.
Sacha : un héritage à protéger
Difficile de traduire en mots un stage à Evry. ll faut l’avoir vécu. C’est un moment intense sur le plan physique, humain et spirituel. On va au bout de soi, on touche ses limites, on les apprivoise, on les enlace. Et on partage ces moments forts avec une joyeuse bande d’amis qui aime rire et danser et qui mouille le béton de sa sueur. Je recommande à tout pratiquant et tout coach de faire ce pèlerinage. Ca crée de belles amitiés, et ça fait le tri entre youtube et la réalité.
La famille Yamakasi s’est agrandie en 20 ans. Les graines semées par les fondateurs ont donné naissance à une génération d’encadrants inspirants qui transmettent à leur tour cette belle histoire pleine de valeurs humaines. Un héritage qui vaut la peine qu’on le protège.
- 3 potes (et 2 oies) à la Dame du Lac